O 4 de Maio 2016, a presidente do Brasil Dilma Rousseff, foi oficialmente afastada do poder para 180 dias. A legitimidade do processo de afastamento e uma grande controversa e algum chamam isso de “Golpe” A gente foi para Sao Paulo para recolher umas reflexões de brasileiros sobre a situação Je vis tout cela avec joie. Par « joie » je ne veux pas dire « bonheur » mais plutôt « enthousiasme ». Maintenant pour moi la crise n’est pas une crise de nature uniquement politique Moi je pense avant tout à l’occupation actuelle des établissements scolaires par les lycéens. La forme incroyablement souple d’agir me rend très heureux La façon par laquelle ils commencent à conquerir le pouvoir Comment, nous, allons-nous vivre avec cette génération qui a décidé de se prendre en main Cette jeunesse prend conscience de la portée de ce qu’elle peut faire Par et pour elle-même. Il n’y a aucun parti politique ou d’organisation étudiante formelle derrière ces actions. Personne ici ne fait de la « politique » Il s’agit de, d’individus « normaux » qui ont commencé à exprimer tout simplement le souhait que l’école publique fonctionne. Alors quand je vois la fameuse scène au parlement, ou tous les deputés votent pour l’impeachment de DIlma Quand je vois toutes les réactions de mes amis sur facebook, dans les bars, au travail Je me dis que vraiment nous tous, Brésiliens, devons regarder ouvertement la situation On ne peut plus faire semblant que ce sont des problèmes qui nous sont étrangers Moi-même j’ai toujours été distant de la politique Je ne m’exprime jamais sur facebook ou avec mes amis sur ce sujet et ma façon de faire de la politique c’est dans mon travail au quotidien Et comme beaucoup d’entre nous j’ai longtemps évité de me positionner Il faut se positionner Je pense que l’on a 10 ans de maturité politique à rattraper et le peuple brésilien tout entier va devoir s’y mettre. Les choses sont en train d’émerger Tous ces députés qui traitent le chef du parlement de « bandit » Nous le savions tous. Il avait déjà été dénoncé mais il apparaissait peu dans les médias. Maintenant nous devons tous en parler Qu’est ce que l’on va faire avec cela. Qu’est ce que le Brésilien veut faire avec son pays ? Alors c’est aussi un saut démocratique Et cela se passe pareil dans les autres pays d’Amerique Latine Tout se construit peu à peu, au travers de l’éducation, de la formation des individus Pour nous qui ne sommes pas au centre de l’économie mondiale comme l’Europe ou les États-Unis Il nous reste une demi-démocratie Il semble que nous ne sommes pas encore en mesure construire une nation, un pays… Cette même réalité n’est pas rare pour les pays hors de cet axe économique mondial Nous n’avons pas vécu les grandes guerres qui font qu’ils ont appris la démocratie Alors ce type de confusion me fait sourire Cela fait mal et cela va faire encore plus mal d’ici la fin de l’année et l’année suivante On va avoir des réformes qui vont affecter la population Le peuple va souffrir. Le Parti des Travailleurs (PT), lui, va de voir payer son addition. Je ne suis ni « pour » ni « contre » le parti des travailleurs (PT) mais je suis contre le Coup d’État. C’est une question de démocratie. Personne ne peut décider arbitrairement qui reste ou qui ne reste pas au pouvoir. Personne n’est en faveur de Dilma De plusieurs manières, le parti des travailleurs (PT) nous a déjà trahis. La cause des Indigènes, la cause des Noirs… Les réformes agraires qu’il n’a pas accomplies Il a protégé les banques, peut-être pour pouvoir gouverner Maintenant face à tout le tumulte social, il va falloir faire le tri. Qui est qui, qui se trouve dans quel camp et qui défend quoi ? Est-ce que l’on veut garder ce parlement ? Est-ce que l’on veut garder ce Sénat ? Est-ce que l’on veut garder ce système ? Je nous vois au moins grandir de 10 années en 6 mois. De conscience politique De maturité sur ce que la démocratie veut dire Je vois davantage de réponses venant de ce côté-ci Les mouvances sociales sont encore en phase d’organisation Et avec cet impeachment on va voir encore plus en effervescence. Quand on presse la canne à sucre, la temperature commence à monter Je pense que le jus qui va en sortir va être bien bon Et moi je veux faire partie de la production de ce jus De ce que je comprends du système, c’est qu’il est conçu pour controler pour maintenir le pouvoir en place pour l’articuler Il est donc conçu pour etre corrompu En tout cas au Bresil c’est comme cela Donc je ne peux pas me satisfaire de la simple élection de nouveaux candidats Parce que si les candidats peuvent être de bonnes personnes, le système, lui, est corrompu Pour arriver au pouvoir, il faut faire beaucoup de concessions et de négociations Et dans l’histoire de l’Amerique latine, cela n’a pas bien fonctionné. Le changement réel vient de la société civile selon moi Et surtout de mouvements locaux Nous avons des potagers urbains maintenant par exemple La communauté s’organise d’elle-même pour le faire Pour s’occuper de ses pistes cyclables Pour s’occuper de ses anciens Pour donner une éducation de qualité Concrètement, je vois davantage de résultats lorsque la communauté se mobilise autour de son école pour assurer une education de qualite plutôt que d’attendre des initiatives du gouvernement. et de passer par une representativité de concentrer le pouvoir dans les mains de quelqu’un qui doit nous représenter Je ne fais pas confiance Certaines choses ne peuvent pas être laissées dans les mains d’un système corruptible Alors comment est-ce que l’on s’en occupe ? On ne doit pas surtout pas laisser le système se charger de notre éducation Si le système ne fonctionne pas, on ne va pas attendre qu’il se répare de lui-même Et attendre 30 ans pour enfin construire le système dont on rêve. On va élire quelqu’un qui va élire quelqu’un qui va décider quoi ? Tout cela nous faire perdre 3 générations en 30 ans C’est maintenant qu’il faut agir ! C’est pour cela qu’au travers de l’occupation actuelle des écoles par les jeunes Ils veulent decider de l’éducation qu’il veulent recevoir Ils discutent, échangent et apprennent sur le fonctionnement actuel de l’école À partir de là, il peuvent décider comment mieux apprendre. Je crois davantage à cette route-là principalement compte tenu de la vitesse de changement qu’elle génère. C’est ce dont on a besoin. La biosphère de notre planète est sous pression La société civile est sous pression Les minorités sont encore plus nombreuses et elles sont encore plus sous pression Bref il faut répondre rapidement Et c’est le système qui produit cela Ce qui est drôle, c’est que le nouveau surgit de rien puis il chemine jusqu’à rencontrer le pouvoir et là il passe à la moulinette de l’ancienne recette Tous ces mouvements de transformation naissent et se développent horizontalement Et à un moment on se dit qu’il va falloir verticaliser pour aller plus loin. Alors on choisit un leader pour aller au Congrès puis pour aller au Sénat. On se trompe ! Arrêtons d’élire et changeons notre ville nous-mêmes Comment la société civile s’occupe-t-elle de la ville ? Cela change la physionomie d’un pays, particulièrement dans les petits pays. Donnons l’exemple, nous, la société civile de comment nous savons nous auto-organiser Et je pense que naturellement le gouvernement va devoir changer Tout comme les entreprises doivent changer au rythme de la société civile Et si la société civile ne bouge pas, l’entreprise ne bouge pas Maintenant si 10 % des consommateurs commencent à consommer des produits bio Les réseaux de supermarchés réagissent automatiquement et distribuent des produits bio. Vous voyez le mouvement Le gouvernement c’est la même chose Par exemple, si la communauté s’organise et fait elle-même une crèche ou une place Alors que c’est censé être la responsabilite du gouvernement Le jour suivant, le gouvernement vient discuter pour contribuer à la creation de la crèche ou de la place Sans que personne n’ait rien demandé, voté ou meme fait une pétition Le gouvernement comprend que pour exister il ne vaut mieux pas que la société se réveille. Je cherche un autre type de pouvoir Comment on dépasse la peur ou du moins cette idée que sans gouvernement, nous nous perdons. C’est une fausse croyance Nous nous sommes toujours très bien organisés Je ne sais plus trop à qui cela sert encore. Le concept même de nation par exemple À quoi servent nos frontières ? On dit que ces frontières protègent notre peuple, notre identité culturelle… On a besoin de ce trait sur le papier pour cela ? pour que je puisse me souvenir de ma musique, de mes fêtes, de ma langue ? Comment est-ce que l’on s’organisait avant ? Un peuple sans gouvernement serait-il dangereux et sans contrôle ? Parce qu’en realité nous sommes sans gouvernement De nombreuses populations sont sans gouvernement mais pourtant ils sont contrôlables Ils doivent compter sur eux-memes pour survivre Pensez à ces millions de mères de famille dans la favelas du Bresil qui vivent avec un salaire minimum qui donnent une éducation et mettent leurs 5 enfants à l’ecole les élevant et les nourissant Comment se débrouillent-elles sans l’aide du gouvernement ? Oui il y a des programmes qui ont fonctionné les 12 dernières années et que l’on risque de perdre J’aimerais beaucoup que ces mouvements de transition tiennent le cap encore un peu plus avant de vouloir prendre le pouvoir Parce que je ne sais pas si c’est ce type de pouvoir que nous voulons prendre Est-ce que c’est ce pouvoir que l’on veut pour nous représenter ? Je ne le vois plus centralisé Avec le peuple qui vote pour quelqu’un qui vote pour quelqu’un d’autre Cela a certainement dû servir les peuples après la guerre dans la confusion générale, peut-être avaient-ils besoin de cela pour ne pas se perdre. C’est possible Moi je cherche autre chose Je ne me sens pas representé par quelqu’un qui représente 50 millions de personnes